Octobre Rose 2021 : désescalade thérapeutique et innovations pour les femmes atteintes de cancer du sein

service de presse
21/09/2021
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La désescalade thérapeutique : une priorité dans la prise en charge à l’Institut Curie pour limiter les séquelles et améliorer la qualité de vie des femmes, quand cela est possible. Pathologie numérique, imagerie et intelligence artificielle : des innovations dans l'individualisation de la prise en charge.
octobre rose 2021

Avec 87% de femmes qui guérissent du cancer du sein, l’objectif est désormais de proposer une désescalade thérapeutique quand cela est possible, tout en garantissant une même efficacité, pour améliorer la qualité de vie pendant et après la maladie: moins de séquelles physiques et psychiques des traitements, meilleure vie sociale, familiale et intime, retour au travail facilité....

  • Selon une étude réalisée par Viavoice pour l’Institut Curie, 83% des Français estiment que proposer la désescalade thérapeutique est important pour la qualité de vie des patientes.
  • 1er centre européen de prise en charge des cancers du sein, l’Institut Curie propose dans certaines formes de cancer du sein, une désescalade thérapeutique favorisant des traitements moins nocifs tout en garantissant la même efficacité : décisions de chimiothérapies ajustées au mieux à la biologie de la tumeur et au contexte clinique, radiothérapies plus courtes ou moins dosées, chirurgies conservatrices… Des stratégies thérapeutiques moins lourdes permettant de réduire les séquelles physiques ou psycho-sociales.
  • L’Institut Curie développe la pathologie numérique associée à l’intelligence artificielle au service de diagnostics toujours plus précis et donc de choix thérapeutiques les plus pertinents possibles.
  • Une imagerie innovante couplée à des algorithmes, capable de détecter les métastases précocement quand on a encore les moyens de les traiter, va faire l’objet d’un essai clinique.

« La désescalade s’adresse aux femmes chez qui la tumeur est localisée, ne présentant pas de métastases, ou chez qui le risque de récidive est estimé faible. Cela représente 10 à 15% des personnes ayant une tumeur localisée », précise le Dr Paul Cottu, oncologue, chef adjoint du département d’oncologie médicale de l’Institut Curie.

Témoignage : Michèle, 67 ans

« Comme beaucoup de femmes, c’est lors d’un simple examen de contrôle que l’on m’a suspecté un cancer du sein. Quelques jours plus tard, le diagnostic était confirmé. Ma prise en charge à l’Institut Curie a été rapide : en 5 mois, j’ai été dépistée, opérée et soignée. Et surtout durant toute cette période, j’ai mené une vie absolument normale. Je n’ai pas ressenti de fatigue particulière, juste quelques douleurs très supportables, car j’ai pu bénéficier de traitements allégés qui ont permis de conserver ma qualité de vie. En effet, les médecins se sont appuyés sur les dernières avancées scientifiques pour rendre le traitement le moins invasif possible. Par exemple, j’ai pu éviter la chimiothérapie, car l’analyse de la tumeur et du ganglion sentinelle prélevés lors de ma mastectomie partielle, ont révélé une très faible probabilité de récidive de mon cancer. Eviter ce traitement, qui peut être très difficile à supporter, a contribué à ce que je vive cette épreuve avec optimisme, sérénité et recul. C’est une chance pour moi d’avoir pu profiter de cette expertise dans la prise en charge du cancer du sein ».

Le cancer du sein est désormais, dans la majorité des cas, une maladie de bon pronostic. En France, on estime la survie globale à plus de 87 % à 5 ans et à plus de 76 % à 10 ans (source Inca). Ces bons résultats sont à la fois imputables aux progrès des traitements (chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie, hormonothérapie…) et au dépistage organisé qui permet une prise en charge précoce.

Pour les cancers localisés, majoritaires, les traitements visent à la fois à retirer la tumeur (chirurgie) et à réduire le risque d’éventuelles récidives. De plus en plus de données suggèrent qu’il est possible d’atteindre ces objectifs en allégeant les protocoles de soins de certaines femmes, considérées à faible risque. Cette désescalade thérapeutique[1] repose sur une meilleure compréhension des mécanismes d’action des traitements et sur l’identification dans la tumeur des facteurs de faible risque de récidive.

Les études qui évaluent les effets des traitements montrent que les patientes souffrent des séquelles biologiques et psychologiques dues aux traitements, mais aussi de répercussions du cancer sur leur vie familiale, professionnelle ou spirituelle[2].  Réduire les traitements permet de limiter ces effets. 

« La qualité de vie de nos patientes est une priorité, indique le Dr Carole Bouleuc, chef du département interdisciplinaire de soins de support. L’étude menée avec Viavoice à l’occasion d’Octobre Rose nous montre que les Français plébiscitent à la fois la désescalade thérapeutique et un renfort de l’accompagnement ».

 

Les espoirs sont nombreux d’aller encore plus loin dans la personnalisation des traitements selon des critères validés, notamment grâce aux futurs développements de l’intelligence artificielle.

Un des enjeux est de pouvoir caractériser les tumeurs de façon toujours plus précise afin d’identifier les femmes qui peuvent bénéficier de la désescalade, tout en poursuivant l’innovation thérapeutique et les recherches de pointe en biologie, immunothérapie, chimie, génétique… pour toutes les formes de cancers du sein.

« La pathologie numérique, qui consiste à numériser les lames histologiques (coupes très fines des prélèvements) de tumeurs du sein, couplée aux outils d’intelligence artificielle pour réaliser des diagnostics toujours plus précis, va nous permettre d’aller encore plus loin dans le choix des stratégies thérapeutiques les plus pertinentes possibles pour chaque femme », se réjouit le Dr Anne Vincent-Salomon, cheffe du service de pathologie de l'Institut Curie.

Dès la fin de l’année 2021, les lames des prélèvements (biopsies ou pièces opératoires) des femmes prises en charge à l’Institut Curie pour un cancer du sein seront numérisées et pourront bénéficier d’une double analyse, par ces algorithmes d’intelligence artificielle et par les médecins spécialistes. « Ces algorithmes travaillent très vite, jour et nuit sans discontinuer, ils peuvent réaliser une pré-analyse des images. Le regard du pathologiste sera alors guidé vers les zones les plus significatives à examiner, et il pourra valider facilement les indications de l’algorithme et affiner son diagnostic », ajoute le Dr Vincent-Salomon.

De son côté, Irène Buvat, directrice du laboratoire d'Imagerie translationnelle en oncologie de l’Institut Curie, au-delà des enjeux de la désescalade thérapeutique pour les femmes atteintes de tumeurs localisées, s’intéresse aux femmes à plus haut risque de récidive dans la détection précoce des métastases.

Elle développe une nouvelle imagerie et des algorithmes capables de repérer et de cartographier quantitativement des cellules associées aux cancers du sein et à leurs métastases : « Détecter les métastases précocement, quand on a encore les moyens de les traiter chirurgicalement ou par radiothérapie est particulièrement utile ». Testée pour la première fois en France cette imagerie de pointe fera l’objet d’un essai clinique en 2022.

 

Contacts presse

Elsa Champion – elsa.champion@curie.fr - 01 72 38 93 52

Catherine Goupillon-Senghor - catherine.goupillon-senghor@curie.fr – 06 13 91 63 63

 

A propos de l’Institut Curie

L’Institut Curie, 1er centre français de lutte contre le cancer, associe un centre de recherche de renommée internationale et un ensemble hospitalier de pointe qui prend en charge tous les cancers y compris les plus rares. Fondé en 1909 par Marie Curie, l’Institut Curie rassemble sur 3 sites (Paris, Saint-Cloud et Orsay) plus de 3 600 chercheurs, médecins et soignants autour de ses 3 missions : soins, recherche et enseignement. Fondation privée reconnue d’utilité publique habilitée à recevoir des dons et des legs, l’Institut Curie peut, grâce au soutien de ses donateurs, accélérer les découvertes et ainsi améliorer les traitements et la qualité de vie des malades. Pour en savoir plus : curie.fr

 

[1] La désescalade thérapeutique fait partie des axes prioritaires de la stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030, présentée en février dernier par le président de la République

[2] En France il s’agit de l’étude Canto