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Une recherche d'excellence

Émilie Gillet
05/02/2021
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Les objectifs de la recherche clinique en cancérologie "évoluent au fur et à mesure des progrès réalisés", explique la représentante d’Unicancer.

Une recherche d'excellence 

Bien sûr, il s’agit d’améliorer la survie et le taux de guérison des malades, mais aussi de diminuer le risque de récidives et les effets secondaires des traitements. De plus en plus d’études s’engagent aussi dans la médecine personnalisée, en essayant de mieux définir quels patients tirent le plus de bénéfices de quelles thérapies, ainsi que dans des démarches de désescalade thérapeutique », qui consiste à alléger les traitements pour des résultats thérapeutiques similaires et un gain de qualité de vie. 

La recherche clinique française en cancérologie a énormément progressé, notamment dans la protection des personnes qui y participent. Certes, cela représente des contraintes, mais c’est un gage majeur de qualité et de sécurité. Cette recherche est aussi de plus en plus collective. 

Estime le Dr Bleuse.

La France est très attractive dans le monde pour mener des études cliniques en cancérologie, elle occupe ainsi la deuxième place au classement européen, avec une participation à près de 20 % des essais menés dans le monde dans cette discipline.

C’est certainement grâce au modèle particulier des CLCC, où recherche et soins sont intimement associés

Analyse le Dr Bleuse.

Pour garantir cette attractivité de la recherche française, l’Institut national du cancer labellise des équipes et des centres d’essais, et participe aussi au financement d’études non promues par des industriels.

Précise Laetitia Gambotti de l’INCa.

De sorte que l’excellence de notre recherche clinique en cancérologie permet aux patients français d’avoir plus facilement accès à des thérapies innovantes. « L’un des enjeux majeurs dorénavant est l’égalité d’accès aux essais cliniques pour tous les patients et sur tout le territoire. Il nous faut être ambitieux et faire en sorte, par exemple, que tous les centres qui traitent des cancers aient la possibilité d’inclure leurs patients dans des études cliniques. » Un enjeu d’équité et de justice sociale face aux innovations thérapeutiques que l’INCa a toujours placé parmi ses préoccupations principales.

L’Institut Curie, premier centre de recherche français sur le cancer

Le Programme médico-scientifique (PMS) de l’Institut Curie représente l’ensemble des liens entre l’Ensemble hospitalier et le Centre de recherche. Il renforce le continuum entre la recherche fondamentale, la recherche translationnelle, la recherche clinique et les soins, qui favorise l’innovation et les progrès en cancérologie.

En 2019 à l’Institut Curie : • 2 113 patients inclus dans une étude clinique, soit un taux d’inclusion de 14,5 % • 223 études cliniques en cours de recrutement, dont 182 chez l’adulte et 41 chez l’enfant • 45 essais de phases I et I-II • 72 essais de phases II et II-III • 65 essais de phase III • Dans le cadre des programmes hospitaliers de recherche clinique en cancérologie gérés par l’INCa et financés par le ministère des Solidarités et de la Santé, 4 projets de recherche ont été soutenus, et 2 dans le cadre des programmes de recherche interventionnelle en santé des populations. Soit un budget total de 4 millions d’euros alloués à l’Institut Curie.

Mieux contrôler les cancers du sein métastatiques

En France, chaque année, le cancer du sein touche environ 59 000 femmes. De manière générale, le taux de mortalité diminue et le pronostic est bon, mais il reste encore 15 à 20 % des femmes qui sont en attente de solutions thérapeutiques car leur maladie devient métastatique. « Dans 70 % des cas, ces cancers du sein métastatiques présentent des récepteurs hormonaux mais pas de récepteur de type HER22, précise le Dr Florence Lerebours, oncologue médicale à l’Institut Curie. Le traitement de référence repose donc sur l’hormonothérapie en association avec d’autres molécules. »

Dans un essai clinique de phase II où l’Institut Curie a été le premier centre recruteur dans le monde, une thérapie ciblée, l’alpelisib, a été évaluée avec comme objectif d’« éviter le plus longtemps possible la chimiothérapie en renforçant l’efficacité de l’hormonothérapie ». Les résultats de cette étude BYLieve* présentés en juin dernier à l’Asco, le congrès mondial de cancérologie, ont montré que dans le cas des cancers du sein métastatiques hormonaux positifs/HER2 négatifs et présentant une mutation du gène PIK3CA, une combinaison de l’alpelisib avec une hormonothérapie par fulvestrant se révèle très prometteuse. Des résultats encourageants, à confirmer avec d’autres hormonothérapies.

Combattre les tumeurs cérébrales chez l’enfant

« Les gliomes de bas grade sont les tumeurs cérébrales les plus fréquentes chez l’enfant, explique le DrIsabelle Aerts, oncopédiatre à l’Institut Curie. Malheureusement, elles ne sont pas toujours opérables à cause de leur localisation particulière et de leur caractère diffus, et elles ont tendance à alterner des phases de rémission et de rechute malgré les chimiothérapies. »

Un essai de phase I-II a donc été mené pour évaluer une combinaison de deux molécules, le dabrafenib et le trametinib, dont l’association a déjà fait ses preuves chez l’adulte pour le même type de gliomes, « c’est-à-dire ceux exprimant une mutation ou une autre anomalie du gène BRAF », précise le Dr Aerts, co-investigatrice de cette étude. Les résultats* présentés en juin dernier à l’Asco, le congrès mondial de cancérologie, montrent que cette association de molécules permet de stabiliser la maladie dans 90 % des cas, et que les effets indésirables sont tout à fait maîtrisables. « Reste à savoir combien de temps ce traitement doit être maintenu pour que les effets soient pérennes, et à consolider ces résultats dans un essai de phase II qui devrait inclure une centaine d’enfants dans plusieurs centres dans le monde. »