Photo de l'équipe AJA de l'Institut Curie

La recherche dans les cancers des adolescents et jeunes adultes

Institut Curie
04/02/2022
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La recherche sur les cancers de l’AJA est une priorité de l’Institut Curie, qui veut accélérer le transfert des innovations thérapeutiques à ces patients. Réalisée au centre SIREDO, elle vise à comprendre les mécanismes de survenue des cancers, à identifier de nouvelles pistes de traitement et à en réduire les séquelles à long terme.

Au cours des dernières années, les progrès en termes de survie ont été moins marqués chez les adolescents et jeunes adultes atteints de cancer que dans les autres tranches d’âge. Aussi la recherche fondamentale est-elle plus que jamais cruciale pour apporter les connaissances qui mèneront aux innovations thérapeutiques

affirme Olivier Delattre, directeur du SIREDO et de l’Unité « Cancer, hétérogénéité, instabilité et plasticité » à l’Institut Curie.

Et les pistes de recherche poursuivies sont multiples.

Identifier les anomalies moléculaires des tumeurs

Les tumeurs sont le fruit d’altérations génétiques qui se produisent dans certaines cellules et leur confèrent des propriétés particulières de prolifération et d’expansion. Pour un même type de cancer, elles peuvent plus ou moins différer entre les patients. En analysant l’ensemble des altérations présentes dans les différentes tumeurs, les chercheurs ont plusieurs objectifs :

  • Mieux classifier les tumeurs. L’équipe d’Olivier Delattre poursuit ainsi un projet destiné à caractériser précisément les très nombreux types de sarcome.
  • Utiliser ces biomarqueurs pour améliorer le diagnostic.
  • Comprendre les mécanismes de développement du cancer, de dissémination et de résistance aux traitements. Des équipes de l’Institut Curie ont par exemple récemment découvert des mécanismes à l’œuvre dans la formation des métastases dans le sarcome d’Ewing
  • Affiner le pronostic : certains sous-types identifiés répondent en effet différemment aux traitements. C’est le cas par exemple dans le sarcome d’Ewing.
  • Mettre au point de nouveaux traitements en ciblant les mécanismes en cause. Des avancées ont été réalisés dans le médulloblastome ou encore le sarcome d’Ewing.

Le projet Immuno-Ewing, quant à lui, mené grâce au soutien de la Ligue contre le cancer, cherche à mettre au point une immunothérapie basée sur la reconnaissance des protéines particulières présentes dans le sarcome d’Ewing.

Comprendre l'écosystème de la tumeur

Une tumeur maligne est un écosystème en soi, explique Olivier Delattre, avec plusieurs types de cellules qui ont chacune un rôle dans le développement de la tumeur, dans son expansion métastatique ou l’apparition de résistance au traitement. Grâce aux approches technologiques récentes qui permettent d’étudier des cellules uniques, nous essayons d’identifier ces rôles pour découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques 

Préciser le rôle du microenvironnement tumoral

La tumeur est aussi en interaction avec son environnement proche, constitué notamment de cellules  saines et de vaisseaux. C’est le microenvironnement tumoral. Olivier Delattre résume les enjeux qui lui sont liés :

On sait aujourd’hui qu’il existe un dialogue entre les cellules cancéreuses et les cellules saines voisines. Il nous faut comprendre ces interactions qui permettent aux cellules malignes de détourner les fonctions de leurs voisines à leur profit ; par exemple en inactivant les cellules immunitaires qui devraient les éliminer. 

Le blocage de ces mécanismes pourrait constituer de nouvelles pistes thérapeutiques.

Améliorer l'accès au diagnostic et aux études internationales

Le projet RELYE, mis en place par Camille Cordero, oncopédiatre dans l’Unité AJA de l’Institut Curie, vise à établir un registre national réunissant les examens de chaque nouveau patient atteint de lymphome. Elle détaille :

L’objectif est de centraliser les échantillons et d’assurer une double lecture pour établir le diagnostic. Ce registre facilitera aussi la réalisation d’études internationales en vue d’améliorer la prise en charge de ces malades.

Améliorer les traitements

  • Le projet Partner, porté par Daniel Orbach, chef du service clinique d'oncologie pédiatrique, adolescents et jeunes adultes du centre SIREDO de l’Institut Curie, a abouti à une harmonisation européenne pour traiter des cancers pédiatriques très rares.
  • Des recherches précliniques (dans des modèles de souris) sont poursuivies grâce à la plateforme de protonthérapie d’Orsay. Elles portent notamment sur les modalités de délivrance des faisceaux de protons, les débits, la délinéation de la tumeur.